samedi 11 novembre 2017

Clichés & jugements hatifs : Il était une fois un rat dans le métro ...



Ce jour là, dans le métro Parisien, j’ai rencontré un homme tout à fait admirable. Il était assis, caressant sa rate blanche calment assise sur son ventre. Elle portait un tout petit chapeau, et son petit nez de rongeur tremblait à une vitesse folle. Je m’assis face à cet homme, le sourire aux lèvres et admirative de la complicité entre l’animal et son maître. Rapidement, ce monsieur me mis Sophie dans les mains en me disant "Profitez-en, on descend dans quelques stations". Je saisis donc cette petite boule de poils sans appréhension, la laissant grimper sur moi à sa guise. Son papa me donna même un peu de yaourt à la fraise qu’elle dévora entre mes doigts. Je n’ai pas eu peur un seul instant. Et je n’aurais pas pensé que mon comportement, aussi naturel qu’il soit à mes yeux, puisse créer le débat.

Dans ma surprise et la joie de ce petit moment de partage entre deux individus qui partagent un amour commun, je n’avais pas réalisé comme le wagon se hâtait autour de moi. Lorsque Sophie retrouva les bras de son papa et que je repris mes esprits, je réalisa que les critiques allaient bon train. «C’est dégueulasse», «Je toucherais pas ça moi, elle va choper des maladies», «Il doit être fou cet homme pour se balader avec un rat sur l’épaule». Évidemment, pensez différemment que le commun des mortels et vous devez être soit fou, soit malade...

L’homme était loin d’être naïf, et il devait avoir l’habitude d’attirer l’attention. Sans prêter attention aux critiques, il se concentra sur mon voisin et moi, qui semblions prêts à lui offrir une oreille attentive. Il nous expliqua que Sophie, comme tous les rats, est très propre. "En fait, elle passe son temps à se nettoyer dans les moindres recoins". «C’est aussi un animal très intelligent et fidèle !». Dans ses yeux, on pouvait voir son admiration pour cette petite boule de poils blanche qui avait finalement élu domicile dans le creux de son cou.

Sans avoir pris le temps d’écouter ce monsieur, - et alors qu’il était sorti du train - les conversations continuaient sur l’insalubrité de "la bête". On en était même venu aux fameux arguments historiques «Ce sont les rats qui ont apporté la peste en Europe tu savais»...Oui enfin c’était il y a 500 ans. Je doute que tu aies souffert de la peste ou d’une autre maladie moyenâgeuse, ou même que ce soit un rat domestique qui n’a jamais foulé le sol d’une ruelle ou la proue d’un bateau, qui ait porté la peste jusqu’en France. Dites-moi si je me trompe.

Pourtant, malgré des pattes propres comme des sous-neuf et un pelage blanc éclatant, les gens continuaient à critiquer la rate en ne se basant que sur des ouie-dire, des clichés, des rumeurs; ces images simplifiées supposées faciliter notre lecture du monde et qui pourtant, ne font qu’en annihiler les nuances.  

C’est là que ça m’a frappé. C’est simplement l’ignorance qui appelle à la haine. Si ces personnes avaient pris soin de regarder ce moment de partage avant de juger, de se renseigner, avant d’exprimer leur dégoût, ils auraient peut-être eu un tout autre regard sur la situation. Ce sont leurs clichés qui ont parlé, pas eux.

Reprendre le pas sur sa vie, faire évoluer sa consommation, devenir minimaliste, c’est aussi ça. C’est apprendre à remettre en question ce que l’on croit savoir pour laisser des faits objectifs nous aiguiller sur nos choix. C’est choisir de se faire confiance pour faire les bons choix en cohérence avec ses valeurs, plutôt que de choisir par habitude, ou mimétisme (j’achète telle marque, parce que ma maman le faisait...).

Combien de fois mes propres a priori ont-ils faussé ma vision du monde ? Combien de fois l’avis de mes pairs m’ont empêché d’aller de l’avant, de continuer sur ma lancer, d’adopter à 100% la vie dont je rêvais ? «C’est trop extrême», «Moi je voulais essayer mais...», «J’ai entendu dire que...». Non. Il est temps d’être maître de nos décisions, d’aller chercher l’information par nous même et de choisir en pleine conscience.

Nous avons tous des appréhensions. Un bagage culturel et historique qui aiguille nos choix et dictent nos comportements. Pourtant, parfois il est bon de se souvenir que ce ne sont que des interprétations subjectives de la réalité. Aujourd'hui, j'ai appris à prendre du recul sur chaque sujet dont j'ignore les nuances, et c'est ainsi que j'ai pu changer ma vie, devenir un consomm'acteur, m'épanouir dans une vie plus minimaliste... Tous ces changements qui font de moi ce que je suis aujourd'hui, c'est dans les livres, les articles, les recherches que je les ai trouvé. 

Je ne prétend pas ne jamais avoir de jugement hâtifs. Je pense simplement de nous devrions toujours laisser le bénéfice du doute à ce que nous ne connaissons pas et surtout ne jamais laisser nos croyances aboutir sur une réaction de rejet, de dégoût ou encore de violence sans fondement. Lorsque ça vous arrivera, pensez à Sophie, et comme un jugement infondé aurait pu me priver de cette belle rencontre, de ce doux moment de partage et d'échange. 

Heureux sont ceux qui ne prétendent pas tout savoir et laissent place à la découverte. 

Et vous, avez-vous déjà renoncé à quelque chose à cause de vos a priori ? Qu'est ce qui vous fait peur sans légitimité ? Est-ce que les clichés ont déjà fait obstacle à votre envie d'essayer quelque chose ?

1 commentaire:

  1. Très intéressant, cet article !
    Je n'ai pas d'exemple précis, mais je suis sûre que mes a priori m'ont plus d'une fois empêchée de découvrir des choses. En revanche, j'ai eu une petite rate quand j'étais adolescente, et je l'adorais :)
    Je pense que nous avons tous des clichés, qu'ils soient culturels ou familiaux... Quand on en prend conscience, on peut éviter certaines peurs, certaines incompréhensions et même certaines haines, comme tu l'expliques si bien dans ton article.

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