samedi 23 septembre 2017

Slow-wear : éthique, seconde main, MIF, recyclé ? Arbitrage.

Consommer la mode autrement



Vêtements bio, labellisés, made-in-france, de seconde main, chinés, faits-maison, à louer... en matière de mode, il existe une pluralité de solutions pour consommer autrement. Mais entre toutes ces façons de s'engager dans une mode plus éthique, on peut vite être perdu, et ça, les marques l'ont bien compris. Greenwashing, marques faussement engagées, vêtements designés en France que l'on vent "fabriqués" en France, collections capsule un peu plus engagées mais toujours aussi dévastatrices par l'ampleur des productions...les plus grandes marques redoublent d'imagination pour déculpabiliser nos consciences et nous pousser à continuer d'acheter en masse. Pourtant, il existe des marques qui pensent la mode autrement, pour que s'habiller ne soit plus synonyme d'épuisement des ressources et de drame social, sanitaire ou encore animal. Ce sont elles qui, au quotidien, font vivre le discours de la Fashion Révolution, pour qu'éthique et transparence prennent le pas sur l'égoïsme de la mode d'aujourd'hui. Parmi elles, j'ai choisi de vous présenter plusieurs marques. Vegan, made-in-France, éthiques, éco-responsables, ces marques se distinguent par leur engagement pour une mode transparente et responsable. 


Le Basiq est une toute jeune pousse de la mode éthique. Comme son nom l'indique, la marque se distingue par des formes basiques et une volonté de détemporaliser les vêtements, pour éviter la mode jetable dictée par les collections éphémères et les modes saisonnières. Aujourd'hui, Le Basiq propose des t-shirt (col V ou rond) ainsi que des sweats (col rond ou bateau), assez près du corps, tout simplement super bien coupés et très (très très) agréables à porter. C'est simple, l'intérieur du sweat est tellement doux qu'on a envie de ne plus jamais l'enlever ! L'ensemble de la collection est 100% coton labellisé Gots, et le Basiq connait l'ensemble de sa chaîne de production, ce qui lui permet de réduire un maximum son impact environnemental : "Saviez-vous qu'un tee-shirt parcourt en général 48.000km avant d'arriver dans votre armoire ? Chez nous il ne parcourt que 8000km, notre fournisseur gère toute la chaîne de production du filage à la confection de nos vêtements tout se passe au même endroit. On limite donc le nombre d’intermédiaires, ce qui réduit les déchets plastiques qui auraient servi lors du transport."  J'ai été impressionnée qu'une si jeune marque réussisse à connaitre aussi bien l'intégralité de sa chaîne de production et qu'elle ai pris de le parti d'aller voir par elle-même ce qu'il se passe vraiment dans les usines de fabrication. Avec cette fabrication éthique et éco-responsable, le Basiq prouve que l'on peut aussi faire fabriquer dans des pays en développement sans prendre part à une négligence sociale et sanitaire. Pour féliciter son engagement, Le Basiq a d'ailleurs reçu le label Sa 8000


Pour soutenir cette marque éthique (et accessoirement super abordable) dans sa campagne Ulule, c'est par là !

Treez : le bracelet qui sème des arbres


Parfait exemple d'économie sociale et solidaire, Treez défend l'idée qu'une entreprise moderne doit être à la source du monde qu'elle veut construire. Pour cela, la marque a pensé l'intégralité de sa chaîne de production pour qu'elle soit la plus durable et éthique possible.  Leurs bijoux sont fabriqués en France par des personnes en situation de handicap (en ESAT), à partir de matériaux éco-sourcés et français eux aussi pour la plupart. Pour chaque bijoux acheté, Treez s'engage à faire planter un arbre dans le monde par le biais de l'association Pur projet, une association dédiée à la mise en oeuvre et au suivi de projets de reforestation et d'agro-foresterie communautaire. Et en plus de ça, je ne sais pas pour vous, mais moi, je les trouve adorables, la preuve avec ce bracelet "semeuse d'espoir".  


Minuit sur terre : des basket vegan...et tellement stylées


La première fois que j'ai voulu acheter une paire de chaussure vegan (soit il y a environ 8 mois), j'ai passé littéralement 4h à essayer de trouver une paire qui ne me déplaisait pas trop. J'avais usé mes chaussures jusqu'à les trouer de partout, et j'avais vraiment besoin d'une nouvelle paire, mais trouver de jolies chaussures vegan s'est apparenté à un marathon sur le net. C'est ce même constat qui a poussé Marie, créatrice de Minuit sur Terre, à lancer sa propre collection de chaussures féminines, éthiques, éco-responsable et surtout bien trop mignonnes pour que je puisse y résister. Très sensible à la souffrance animale (et humaine), j'ai souhaité m'éloigner des produits en cuir pour être cohérente dans mon engagement. Car comme la marque l'explique si bien, le marché du cuir, les pratiques autour de l'abattage ou encore le traitement du cuir est un véritable désastre environnemental, éthique et sanitaire. Très toxique pour les travailleurs, il est aussi partenaire d'un élevage industriel qui représente plus d'un quart des émissions de CO2 mondial et du meurtre de pas moins d'un milliard d'animaux élevés non pas pour leur viande mais bien pour leur peau. Pour cela, Minuit sur Terre fabrique ses chaussures avec un cuir synthétique de haute qualité qui nécessite 20 fois moins de ressources que le cuir "classique", dans le respect de la nature et de ses travailleurs. 

Jean-Louis Mahé : la symbiose parfaite entre artisanat français et maroquinerie vegan


Labellisé par PETA (organisation mondiale de protection des animaux), Jean Louis Mahé a décidé de mettre le savoir-faire Français au service d'une maroquinerie sans souffrance et de haute qualité. Un luxe bienveillant qui se démarque de la tradition, pour montrer qu'empathie et style peuvent parfaitement se marier. Coton, bambou, polyester recyclé...voilà ce qui compose ces sacs sobres a la ligne minimaliste et qualitative. En main, j'ai été surprise de dureté du cuir vegan qui m'a parut très solide par rapport à d'autres modèles que j'ai pu voir auparavant. 
















A contre-courant de nos a priori, Guillaume et JB, fondateurs de Bhallot, ont décidé de redonner ses lettres de noblesse à un pays souvent pointé du doigts lorsque l'on parle de Fast fashion : le bengladesh. Tombés tous deux amoureux de ce pays, ils ont décidé d'y choisir des ressources naturelles locales pour fabriquer une collections de sacs mêlant mode occidentale et savoir-faire traditionnel. Au coeur de cette fabrication, le jute, plus robuste que le coton et qui nécessite pourtant 60 fois moins d'eau pour pousser. La toile de jute utilisée pour les produits Bhallot est ensuite tissée à la main et alliée a du cuir traité dans les normes équitables dans des coopératives équitables tout comme l'intégralité de la fabrication. La preuve que l'on peut aussi fabriquer ailleurs tout en respectant nos valeurs. 

Et plein d'autres encore...


Il existe bien d'autres marques qui agissent dans le respect des ressources et avec un engagement fondamentalement éthique et gagneraient à être connues, je pense notamment à Matcha Paris (bijoux vegan), Perùs, La Gentle Factory, Veja (que l'amoureux porte sur les photos d'ailleurs), mud jeans (jeans recyclés), Ekyog, La révolution textile, les marques présentes sur Dream Act ... Il ne tient qu'à nous de choisir ces marques plutôt que celles qui font des milliards sur le dos de travailleurs exploités dont l'espérance de vie dépasse difficilement 50 ans. A nous de faire comprendre à l'industrie de la mode que nous souhaitons plus de transparence et d'engagement; que nous sommes prêts à payer un prix plus juste pour porter des vêtements qui partagent nos valeurs; que nous ne sommes pas aveugles du coût d'une mode toujours moins chère et toujours plus abondante. 


Evidemment, si vous avez lu mon article sur la slow-fashion, vous le savez : selon moi, avoir une garde-robe durable est avant tout une question de sobriété dans l'achat. Il ne s'agit pas de continuer à acheter 10 vêtements par mois à des marques qui engagées pour se donner bonne conscience. La slowfashion est, comme son nom l'indique, une question de ralentissement de sa consommation. Il s'agit de comprendre de quoi nous avons besoin et de faire le choix, si besoin, d'investir dans des pièces durables, intemporelles et de bonne qualité : le slow-wear dans toute sa splendeur.

PS : Si vous vous demandez d'où viennent nos jeans, et bien tout simplement de nos placards. De bon vieux jeans de qualité achetés il y a des années dont nous avons fait attention ! Parce que c'est aussi ça, le slow-wear. Aucun objet n'est vraiment durable en soi, seuls nos comportements peuvent l'être. Il est temps de prendre conscience des ressources que représentent nos vêtements et de les respecter pour cela.



Et vous, quelles sont vos marques engagées préférées ? 


Crédit photo : Morgane Decaux, Oh My Bidou




2 commentaires:

  1. Pour moi qui dit éthique, dit aussi prix abordable pour toutes les bourses... Ce qui est malheureusement bien bien loin d'être le cas 😵

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  2. Merci pour les pistes que tu donnes dans ton article !! Je commençais tout juste mes recherches... De mon côté, on m'a offert de super chaussettes Labonal (www.labonal.fr), fabriquées en Alsace, depuis près d'un siècle, par une petite équipe à partir de matériaux nobles (mais pas forcément écologiques, je crois).

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