samedi 22 juillet 2017

Mon passage au zéro déchet ressemble aux 5 phases du deuil


Après près de deux ans dans la démarche Zéro Déchet. J'ai été surprise de me rendre compte que mon parcours s'est bien inspiré des fameuses "5 phases du deuil". Si si, ça peu paraître étrange, mais je suis persuadée que beaucoup d'entre vous se retrouveront dans ces différentes phases ! 

Phase 1 : Le déni



Après avoir lu "Zero Waste Home", le livre de Béa Johnson , je n'ai pas voulu croire que j'étais moi aussi la cause d'un désastre écologique que l'espèce humaine ne saurait contrôler.  Je n'ai pas voulu voir tout de suite que moi aussi, sans m'en rendre compte, je contribuais bien largement à cet incroyable gâchis de nos ressources et que j'étais à la solde d'une société de consommation qui a fait de l'argent et de la possession une finalité en soit alors qu'ils ne sauraient l'être.

Phase 2 : La colère 



J'ai donc commencé à réduire mes déchets. Sacs réutilisables, cosmétiques et produits ménagers maison, achats en vrac, cuisine fait-maison, ralentissement de mes achats... j'ai voulu aller toujours plus loin, et que tout le monde me suive dans cette démarche. Oui, mais une prise de conscience ne peut être partagée. Evidemment ma famille a fait quelques efforts. Mais encore aujourd'hui, leur mode de consommation et le mien sont encore bien différents. A cette époque, donc, j'étais très énervée à chaque fois que quelqu'un revenait d'un super-marché full-pesticides avec des conneries alimentaires pas du tout nutritives et suremballées. Aujourd'hui, j'ai appris à tolérer les comportements de chacun sans y prendre part. Chacun fait ce qu'il veut après tout. Je fais mon maximum pour les inciter à faire des achats réfléchis, mais ils sont maîtres de leurs décisions.

Phase 3 : L'expression



Là, j'ai commencé à parler du Zéro Déchet à toutes les sauces ! Matin, midi, soir. Dès que l'on me posait une question (c'est quoi cette gourde? A tu as des mouchoirs en tissus? Sympa tes petits sacs en tissus ça sert à quoi?...) je partais bien volontairement dans un vaste exposé de mes actions pour une vie durable et minimaliste. Oui, mais à trop en faire, je crois vraiment avoir bloqué certaines personnes en passant pour une ahurie. Aujourd'hui, je répond simplement aux questions que l'on me pose sans en faire trop, et je redirige tout simplement vers Sortez Tout Vert si la personne est intéressée.

Phase 4 : La dépression 




Le mot dépression est bien grand pour parler de ce qu'il s'est passé en moi pendant cette phrase, mais l'idée est là. Au fur et à mesure que mes déchets se raréfiaient, j'ai commencé à me dire que mon engagement, aussi important soit-il, ne serait jamais suffisant pour répondre aux enjeux planétaires. J'ai commencé à penser que ça ne servait à rien, si j'étais toute seule à le faire, et chaque fois que je croisais des personnes les bras chargés de vêtements du fast-fashion ou d'inutilités en plastiques, je me surprenais à penser que les choses ne changeraient jamais...
En fait, c'est en voyant de nombreux groupes sur le zéro déchet sur les réseaux sociaux  rassemblaient des dizaines de milliers de personnes, en rencontrant une multitude d'entrepreneurs sociaux dans le cadre de mon travail, et tout simplement en décidant de créer ce blog pour contribuer d'avantage au changement auquel j'aspire pour la société de demain...que j'ai finalement réussi à dépasser cette phase.

Phase 5 : L'acceptation 




L'acceptation qu'en fait, a part donner le meilleur de nous même, a part en faisant notre part de colibri, on ne peut pas faire grand chose. Et que c'est seulement en montrant l'exemple et en partageant ses bienfaits que nous pourront véritablement agir. Comme je le disais, pendant mon parcours, grâce à mon travail, j'ai eu l'occasion de rencontrer des dizaines d'entrepreneurs qui agissent chaque jour pour le monde de demain avec passion et foi. Pour eux, j'ai envie de croire que nos actions quotidiennes, aussi petites soient elles, rayonneront sur les générations futures jusqu'à ce qu'elles s'encrent naturellement dans le quotidien de tous sans effort. 

11 commentaires:

  1. Comme tu le prévoyais, je me retrouve dans certaines phases. Merci pour cet article que j'ai trouvé très intéressant et juste.
    A bientôt,

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  2. Je m'y retrouve bien... et suis en pleine dépression :'(

    Ahaha merci pour cet article original ;)

    Julie de Écolorée.com

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  3. Ton article est très bien monté ! J'avoue avoir un peu subi les mêmes étapes, même si je suis encore dans une phase de transition. Lorsque j'ai commencé à changer mes habitudes, je trouvais ça dingue que je sois la seule dans mon entourage à me soucier des problèmes environnementaux, et j'avais envie (et besoin) de convaincre tout le monde. Finalement, j'ai juste réussi à passer pour une extrémiste (mot adoré par ma maman lorsqu'on parle véganisme, minimalisme, biologique...).
    Du coup, j'ai décidé d'arrêter d'en parler autour de moi, et lorsque l'on me pose des questions, j'essaye d'être assez brève. C'est encore difficile pour moi, lorsque je suis confrontée à des environnements normaux (chez mes amis, ma famille, en société), et de voir que personne ne se soucient de rien... Je pense qu'il faut d'abord aller au bout de la démarche chez soi/pour soi, avant d'essayer de convaincre les autres. Enfin pour ma part, c'est comme ça que je vois les choses et que je me sens plus à l'aise!
    Mais bon, les choses vont évoluer petit à petit, et je suis très optimiste quant à la prise de conscience générale ;)

    Ninon
    www.ninonptrs.fr

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    1. Salut ninon, ici c'est pareil... BBQ familiaux avec des montagnes de verres et jetables, des pompotes partout. Je fais avec en attendant qu"ils aient eux aussi l'épiphanie �� courage!!

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  4. J'adore ton blog et comme tu le disais je me retrouve dans ton article. Je pense que je viens de sortir de la phase "colère". En fait je me suis retrouvée en colocation avec quelqu'un qui est très loin des préoccupations du Zéro déchet (il ne faisait même pas le tri au départ). Et au début je n'arrêtais pas de lui faire des réflexions. Et puis j'ai compris que non seulement je risquais de le blesser avec mes réflexions qui remettaient totalement en cause son mode de vie et que surtout ce n'était pas comme ça que je pourrais lui faire changer ses habitudes. Au final je prends le tout avec beaucoup de recul(finalement ma démarche ZD stagne pas mal mais c'est temporaire) et je lui fais découvrir mon fonctionnement, mes motivations de manière plus posée et je vois la différence. Au moins il ne se braque plus quand je parle de ma lessive fait maison ou ne se moque plus quand je parle de mon après-shamp' au vinaigre. Hâte d'arriver à l'acceptation mais ... ce n'est pas gagné ;)

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  5. Très juste, ton article ! Je dirais que je connais encore pas mal de périodes de dépression, quand je vois que certaines personnes ne font aucun effort et s'en fichent...

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  6. je découvre ton blog et j'ai beaucoup aimé cet article, très pertinent! c'est tellement ça! aujourd'hui je suis dans ma phase "je progresse plus des masses mais je conforte mes idées et je vois déjà les changements", petit à petit mes habitudes ont changé et mon discours aussi, je réponds simplement aux questions et ça marche quand même vachement mieux que le blabla culpabilisant..
    a bientôt! ;)

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  7. C'est exactement ça et en effet à la lecture du bouquin de Béa Johnson, on se retrouve complètement. Du reste les phrases s'entremelent un peu lorsque l'on oscille entre petites victoires et découragement!! Alors ce mascara �� ??

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  8. Merci pour ce super article qui me fait un bien fou, je crois que je suis dans la phase de colère et je passe pour une grosse relou auprès de mes proches qui n'ont pas du tout la même démarche. J'essaye de m'adoucir, mais c'est dur quand c'est une conviction si profonde et si en accord avec mes valeurs.
    A bientôt sur la blogosphère :D <3

    Camille
    (camilleetlanature.wordpress.com)

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  9. C'est très juste, et joliement raconté. Merci pour ce témoignage.

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