samedi 22 avril 2017

#MoiPrésidente


Chers Colibris


Puisqu'aucun candidat n'a réussi à me convaincre à 100% j'ai commencé à penser à ce qui serait pour moi un véritable changement pour notre pays. A ce qui le rendrais non seulement révolutionnaire au yeux de tous mais aussi durable et bien-heureux. Pour cela, demain dans l'urne, vous pourrez rêver avec moi à une France en transition, alors que presque l'intégralité des candidats ne pensent qu'à une chose : la croissance. Voici donc les préceptes que je ne mettrais jamais en place, car je ne serais jamais présidente (CQFD)

Des mini-colibris dès le plus jeune âge


D'abord, une réforme complète de l'éducation. Non, pas simplement des programmes, je parle de l'éducation en générale. Il faut cesser de faire des enfants des consommateurs et des intellectuels. Il faut faire d'eux mais des manuels, capables de réparer, bricoler, manier des outils, de créer. Capables de réparer la roue de leur vélo, l'évier bouché, faire de deux ordinateurs cassés un ordinateur qui fonctionne... Faisons d'eux des "makers" plutôt que des "thinker". Comment ? Des cours de couture (pour tous, arrêtez de grimacer les mec), de travaux manuels, création de potagers en permaculture gérés par les élèves avec des heures dédiées à l'apprentissage du jardinage et la compréhension des saisons...C'est ainsi qu'ils apprendront à valoriser leurs objets plutôt que de les jeter, à considérer les objets pour le travail qu'elle nécessite, à comprendre l'origine et le coût de leur consommation. #coursdepalettesobligatoires 

Comprendre le capitalisme mais surtout ses limites 


Si l'on apprend aux enfants que leur vie repose sur une consommation croissante, il est normal qu'ils passent leur vie à se dire que s'ils n'ont pas d'argent, toujours plus d'argent, alors ils n'ont pas réussi. Il faut cesser de leur faire rêver une utopie qui se présente depuis plus de 30 ans comme le symptôme majeur de nos société en perdition et du mal-être latent. Non l'argent ne fait pas le bonheur. Oui, nous pouvons nous contenter de peu choses matérielles, au profit d'une vie plus riche de relations et d'expériences humaines.

Favoriser l'économie du partage

Afin de sortir de la société capitaliste, il faudra favoriser les rencontres, le lien social, les réseaux de voisinage. Il s'agira alors d'oublier l'argent comme monnaie d'échange, pour favoriser l'action, l'aide, le troc, de prêt etc. Un modèle dont Mutum se montre précurseur, offrant une plate-forme entièrement gratuite de prêt et d'emprunt d'objets entre particuliers. Cette économie alternative prend tout son sens lorsque nous choisissons de quitter le virtuel, les réseaux sociaux et les écrans qui polluent nos relations sociales, et que nous choisissons de partir à la rencontre de la vie. Croyez-le ou non, il est bien plus épanouissant de vivre un moment de partage que d'avoir 80 like sur sa nouvelle photo de profil. En ce sens, la commune devra aller à la rencontre des savoirs et des savoirs-faire citoyens pour mieux les promouvoir et mettre en place des initiatives sociales et solidaires tels que des repair café, jardins partagés, réseaux d'échanges etc. Elle pourra mettre à disposition des citoyens des locaux, mettre en place un forum d'échange dédié à la ville etc. Cela ne nécessite que très peu d'argent mais peu avoir de grandes répercussions. Fini les villes transformées en paradis de la surconsommation, il s'agira de promouvoir les savoirs-faire plutôt que la possession, les rencontres plutôt que l'isolement, le bien-être plutôt que la consommation. 

De l'art pour remplacer la publicité


Je me suis souvent demandée, dans ma vie quotidienne, ce que notre paysage donnerait sans marketing à tous les coins de rues. Si le but des affichages n'était plus de pousser la population à consommer mais de l'inspirer. Si chaque station de métro était une exposition d'art par exemple, je n'aurais aucun mal à attendre 5 minutes le prochain métro. Au contraire, je le louperais pour pouvoir contempler la beauté de cet art quelques minutes encore. 

Un territoire 100% bio grâce à nos déchets


Les déchets organiques constituent 30% de nos poubelles, une foule de nutriments qui ne sont pratiquement jamais valorisés, en tout cas pas par un système institutionnalisé mais par la volonté et la capacité de chacun à le faire par lui-même. Et si, à l'instar de San Francisco, nous commencions à les collecter, pour en faire de gigantesques compostes collectifs. L'idée serait ensuite de distribuer ce compost gratuitement aux agriculteurs de la France entière, afin que l'ensemble des terres arables Françaises puissent être en transition, puis biologiques dans quelques années. Fini les engrais toxiques, bonjour les engrais naturels et les produits biologiques locaux. 

En fait, j'ai trop d'idées


Lorsque j'ai commencé à penser à cet article, je ne voulais pas réellement penser à de véritables réformes. Je voulais éviter les grands sujets qui fâchent tout le monde et simplement proposer mon utopie à moi. Mais finalement, je me suis mise à rêver : a rêver que les routes des métropoles ne soient plus aménagées pour les voitures mais les transports doux, à rêver que chaque personne au chômage pourrait se mettre au service de l'environnement (ramassage des déchets, gestion des fermes urbaines), à rêver que chaque espace vert urbain inoccupé puisse être librement utilisé pour de la nourriture à partager, à rêver qu'un jour, nous puissions avoir des maisons autonomes en énergie (alors qu'aujourd'hui la législation l'interdit). 

Je suis consciente que toutes ces mesures sont utopiques et que personne ne voterait pour quelqu'un qui promeut la décroissance, le minimalisme et la vie avant la consommation. Pourtant, il ne s'agit pas d'attendre la personne qui arrivera à convaincre tout le monde. Il s'agit simplement d'arrêter de d'attendre bêtement les initiatives d'un système politique qui ne voudra jamais admettre que nous avons bien largement atteint les limites du capitalisme, pour passer nous même à l'action, et signifier que nous sommes prêts à accepter ces changements

Et vous, quel serait votre programme ? 

3 commentaires:

  1. Très bel article Julie! Je suis fan. J'utilise Mutum et je vois fleurir les initiatives responsables, c'est prometteur ! :)

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  2. Un très bel article, j'aurais volontiers voté pour toi, j'adhère à ces idées avec un coup de cœur pour celle des mini-colibris :)

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  3. C'est la France qu'on aurait eu, disons 20 ans en avant si la France insoumise était passée ... Des fois, je me dis qu'on n'aura même pas le temps de la connaître car l'humanité détruira la Terre avant ...

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