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Que financent mon argent, mon épargne ? (feat. Miimosa)

mercredi 11 septembre 2019


Note : Cet article a pour but de donner les moyens de comprendre l'impact de notre épargne, et la façon dont nos actes de consommation peuvent servir l'humain plutôt que d'enrichir encore copieusement les ultra-riches. Il n'a pas pour objectif de faire culpabiliser, ni de mettre sur les citoyens la responsabilité de l'ensemble des externalités négatives du système monétaire capitaliste. 

Que financent mes achats, mon épargne, mon argent ?


L'argent est roi. Plus qu'un moyen, il est aujourd'hui devenu une fin en soi, le Graal pour lequel nous sacrifions ce qui a le plus d'importance : notre force, notre vie, notre temps. Même les plus puissants de nos élus ne sont que les pantins de l'économie de marché et de la sacro-sainte croissance, en dépit de l'état du monde et de la vie sur Terre. Chaque centime dépensé ou acquis alimente ce système que nous déplorons, probablement l'une des dissonances les plus profondément ancrées dans notre quotidien. Ainsi, parce que je souhaite responsabiliser mes actes, j'ai tenu à réfléchir au meilleur moyen d'utiliser l'argent dont je dispose. Voici la réflexion qui en a découlé. 

Ma consommation quotidienne


Dans une dynamique de cohérence, en matière d'écologie quotidienne, il me semble désormais important d'aller au-delà du visible, pour penser à l'impact de mes achats en termes de ressources, mais aussi par rapport au(x) message(s) qu'ils véhiculent. Si l'on part du principe que "suffirait qu'on achète pas pour que ça se vende pas" (comme le disait Coluche), alors on comprend le rôle de nos choix de consommation au quotidien. Mon repas chez McDo encourage la production de fast food aux dépens d'une nourriture vivante végétale, locale et socialement responsable. Mes courses en grandes surfaces contribuent à la fermeture des commerces de proximité, la paupérisation des salariés et au développement de la nourriture industrielle. Mes achats d'appareils électroniques neufs donnent mon accord tacite à l'exploitation des minerais les plus rares et des forces humaines les plus jeunes et vulnérables; mes vêtements neufs à la pollution massive des eaux, l'empoisonnement et l'exploitation des travailleurs sous couvert de négligence gouvernementale et de dumping social et climatique. 

Quelques questions pour responsabiliser ses achats :
  1. En ai-je réellement besoin ? La sobriété, la décroissance et la déconsommation sont les seules réponses raisonnables aux enjeux planétaires. Evidemment, une vague de déconsommation nécessiterait un changement drastique dans nos manières de répartir notre temps et nos activités, mais ça, ce sera pour un autre article. 
  2. A-t-il un impact négatif important ? Sur l'environnement, les humains etc. Globalement, ça élimine tout ce qui se trouve en magasins de vêtements et d'électronique, la plupart des objets neufs. Préférez toujours le seconde main, et sinon les produits socio-éco-responsables dans une moindre mesure. 
  3. Contribue-t-il à soutenir l'économie réelle et créer du lien social (soutien direct aux commerçants, paysans, projets locaux, etc) : c'est le cas des marchés de producteurs, des cueillettes, des commerces de proximité, magasin de créations artisanales etc !
En réalité ma conscience a encore 1000 autres questions avant l'achat, et je ne vous parle même pas de la nourriture. Pour les courses, elle est plutôt du genre "t'es sûre que c'est vegan, bio, local, saison, zéro déchet...?". Je peux vous dire que pendant la saison froide, c'est pas toujours hyper funky. Mais je fais toujours au mieux, en fonction des situations, de l'offre, et évidemment de mes moyens tout en sachant que mon passage au zéro déchet me fait faire de nombreuses économies tout de même ! Il faut dire que quand on ne consomme presque plus rien de superficiel, ça dégage un peu d'épargne. 

Mon épargne : l'argent ne dort jamais 


Côté épargne, sachez-le, (si vous avez la chance d'avoir un peu de sous de côté) votre argent n'attend pas patiemment empilé en liasses dans un coffre-fort. Il est investi par les banques dans des projets juteux parfois très peu recommandables. 

Voici d'ailleurs l'extrait d'un article de La Relève et La Peste pour vous en convaincre : 

"Quel est le lien entre votre compte épargne, les cotisations pour votre retraite et le développement des énergies fossiles ? La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Institution financière publique créée en 1816, elle gère les fonds d’épargne comme le Livret A et Livret de Développement Durable et Solidaire, un cinquième des fonds de retraite publics, elle détient 50 % de la Banque Publique d’Investissement Bpifrance, et possède « en même temps » des participations significatives dans plusieurs dizaines de grandes entreprises directement impliquées dans les énergies fossiles.

En décembre 2017, le rôle de la CDC dans l’investissement des énergies fossiles avait été épinglé dans le rapport de l’Observatoire des multinationales et 350.org. Il détaille l’implication de la CDC dans l’investissement d’énergies fossiles, souvent réalisé avec l’argent issu de l’épargne des Français. L’étude détaillait par exemple que le Fonds de réserve pour les retraites permet d’investir plus de 2 milliards d’euros en actions et en obligations pour le charbon, le pétrole et le gaz."

ou encore

"Bruno Le Maire a lui même reconnu qu’il y avait « tromperie sur la marchandise » sur le Livret de Développement Durable et Solidaire, qui finance encore le secteur du gaz et du pétrole et dont l’essentiel est géré par la CDC." 

Je vous invite évidemment à prendre le temps de lire cet article en entier, mais globalement, vous avez l'idée. Cette épargne est utilisée, avec ou sans notre consentement ou conscience morale, pour financer des énergies du passé, piller les sols pour entretenir des modes de consommation effrénés. Si cette idée vous déplaît tout comme à moi, j'ai 2 conseils pour vous.

Conseil n°1

Choisissez une banque qui correspond à vos valeurs, comme le Crédit Coopératif, ou la NEF. C'est bien moins compliqué que cela n'y parait et surtout sans frais. 

  • Pour évaluer l'impact de votre épargne, rendez-vous sur epargneclimat.com 
  • Pour plus d'informations sur le classement des banques françaises, et pour interpeller votre banque afin qu'elle mette fin à ses investissements dans les énergies fossiles (et par fossiles j'entends sales, ultra-polluantes, ou encore énergie du passé), rendez-vous sur fairfinancefrance.org


Conseil n°2

Placez votre argent vous-même, dans des projets qui correspondent au monde que vous voulez créer. C'est dans ce cadre que je me suis renseignée sur le projet Miimosa. La plateforme propose des financements participatifs sous forme de dons OU de prêts pour aider des projets d'agriculture durable à voir le jour. A ce jour, plus de 2200 projets ont été financés sur la plateforme dont plus de 80% ont permis de mettre en place des ventes directes ou en circuit court. Des projets qui soutiennent l'économie réelle et permettent aux agriculteurs de toucher une rémunération plus juste pour le travail qu'ils effectuent dans le respect du vivant. Des exemples ? En voici ! 100 000€ récoltés par 251 contributeurs pour le projet Tomato & CO vont permettre de créer 11 potagers en zones péri-urbaines d'ici 2021. Autre exemple : 100 000€ qui ont été prêtés par 284 contributeurs ont permis la conversion au bio de 3 hectares de verger de poires et de culture de carottes, ou encore ce projet de centrale hydraulique qui a été financé à 55 000€ sur la plateforme permettant de produire 0,9 GWh d'électricité par an pour une coopérative d'agriculteurs dans les Pyrénées (l'équivalent de la consommation électrique annuelle de plus de 500 foyers).

Pourquoi cette plateforme en particulier ? Parce que je suis persuadée que s'il est un secteur qu'il faut accompagner vers l'amélioration, la durabilité, et la résilience, c'est le secteur agricole. S'il est un secteur auquel il faut redonner ses lettres de noblesse et valoriser, c'est le secteur agricole. S'il est un secteur clé dans le cadre de la lutte contre le dérèglement climatique qu'il nous faut nous réapproprier : c'est le secteur agricole. 

Les plus puristes clamerons peut-être à l'achat d'une conscience morale, ou pourrons dire que la consommation est le problème des enjeux climatiques, et ne peut donc en être la solution. Je comprends ce point de vue, mais je ne l'accepte pas. 

Personnellement, que ce soit la relocalisation et la conscientisation de nos achats ou l'orientation de nos investissements dans des filières qui ont besoin de soutien (à défaut d'une politique agricole commune [PAC] à la hauteur des enjeux du siècle), j'appelle cela de la cohérence.  On aura beau avoir le comportement eco-citoyen le plus poussé possible, si en même temps notre banque utilise l'argent de nos comptes pour financer l'extraction du charbon...c'est quand même dommage. Je vous l'accorde ce ne sont pas nos achats qui changeront le système monétaire, ou nos investissements qui mettront fin à l'impétueuse et suicidaire finance des marchés. Cela étant, si nous ne sommes pas prêts à changer notre propre quotidien, comment pourrions-nous prétendre changer le système. Ce ne sont peut-être pas les solutions radicales que certains attendent, mais elles font partie de la diversité des moyens d'actions qui méritent d'être explorés dans le cadre de la lutte contre le dérèglement climatique, l'érosion des sols et de la biodiversité. Et surtout, choisir d'intégrer ces gestes à notre quotidien ne nous empêche pas (et ne doit pas nous empêcher) d'aller toujours plus loin dans notre réflexion face à la société, ou de dénoncer les causes réelles et systémiques des enjeux sociaux et écologiques auxquels nous faisons face. 

Pour être totalement transparente avec vous, je réalise que cet article pourrait sembler élitiste au regard des sujets qu'il aborde. Je réalise la chance que j'ai d'avoir l'espace mental et temporel nécessaire pour me poser ces questions sur l'argent; la chance que j'ai d'avoir un compte épargne. En aucun cas mes écrits ont pour but de faire culpabiliser ceux qui n'ont pas le luxe de le faire. D'ailleurs, les outils d'actions pour soutenir une agriculture résiliente et responsable ne se limitent pas aux investissements auxquels je fais référence évidemment (il pourrait aussi s'agir de participer à des projets d'agriculture urbaine, commencer un potager ou un prendre part à un jardin partagé etc.) Cependant, puisque je dispose d'un peu de sous à la banque, autant qu'ils servent des projets qui me touchent, plutôt que ceux que je déplore. Et puisque j'ai fait le choix de renoncer à beaucoup de pans de consommation que mes pairs (et souvent des personnes gagnant bien mieux leur vie que moi) consomment en masse, alors autant que le fruit de mes choix puisse avoir un effet bénéfique, et aider à voir fleurir l'agriculture de demain. Voici pourquoi j'ai souhaité soutenir Miimosa.

Moi qui ai l'habitude de dire que "choisir, c'est renoncer", cette fois-ci, j'ai plutôt le sentiment que "choisir, c'est reprendre pouvoir"

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Si vous décidez d'investir sur la plateforme Miimosa, sachez que vous avez 50€ d'offerts pour 200€ investis avec le code SORTEZTOUTVERT50 et 25€ pour 100€ d'investis avec le code SORTEZTOUTVERT25 ! Rendez-vous ici ! 


Mon agenda ecocitoyen !

mercredi 4 septembre 2019


Dans le prolongement de mon livre "Zéro Déchet : le manuel d'écologie quotidienne", avec les éditions Solar, nous avons créé un "Agenda Eco-citoyen" : un semainier de 15 mois (de septembre 2019 à décembre 2020) pour vous accompagner doucement mais sûrement vers un quotidien plus éco-socio-responsable.

Qu'est-ce qu'il contient ? 

En plus des informations contenues dans un semainier classique, cet agenda comporte :
  • Un état des lieux sur le monde, nos déchets, comment les réduire et (une fois qu'on les a réduit évidemment), comment les gérer/trier au mieux ; 
  • Les fruits et légumes de saison chaque mois ; 
  • Des infos et astuces en fonction de la période de l'année ; 
  • Des DIY zéro déchet ; 
  • Des recettes zéro gaspillage ; 
  • Des idées de menus végéta*ien chaque soir de la semaine ;  
  • Bref, tout ce qu'il faut pour accompagner la famille (ou juste vous d'ailleurs) semaine après semaine !
On pourrait voir cet agenda comme un "produit dérivé" de mon livre "Zéro Déchet, le manuel d'écologie quotidienne". Il reprend de nombreuses informations du livres sous une autre forme en fonction du thème de chaque mois et des événements qui rythment l'année.

Tout comme le livre, il donne à la fois des raisons d'agir, et les moyens de le faire simplement, semaine après semaine, et en famille (ou non d'ailleurs, j'utilise le mien pour moi toute seule très honnêtement). Il vous permettra s'ancrer ce mode de vie dans votre quotidien au fils des semaines et d'être guidé dans votre déménage,

Voici les thèmes de chaque mois : 

  • Septembre 2019 : on commence par une rentrée scolaire zéro déchet, et on change nos habitudes en courses ;
  • Octobre 2019 : on inclus les enfants dans la transition, et on passe un Halloween zéro déchet ;
  • Novembre 2019 : DIY produit vaisselle et tout ce qu'il faut pour une cuisine zéro déchet ;
  • Décembre 2019 : on prévoit un Noël zéro déchet en apprenant a emballer ses cadeaux dans du tissus (furoshiki) et en retrouvant les véritables valeurs de Noël. Au revoir surconsommation, bonjour moments de partage en famille ; 
  • Janvier 2020 : entretien de la maison et conseils pour une maison saine, économe et écologique ; 
  • Février 2020 : zoom sur l'alimentation, on apprend à cuisiner sans gaspiller, à végétaliser son assiette et à consommer bio, local et de saison ; 
  • Mars 2020 : on s'attaque à la salle de bain, entre tri et alternatives saines et naturelles ; 
  • Avril 2020 : focus sur l'un des piliers du zéro déchet, la "Réutilisation", sans oublier la fête de pâques ; 
  • Mai 2020 : il est temps de faire un petit tour dans le jardin/sur le balcon. Apprenez à prendre soin de la terre, composter et jardiner zéro déchet ! 
  • Juin 2020 : c'est l'heure de faire un tri dans la penderie et de passer à une garde-robe responsable ;
  • Juillet 2020 : vie de famille, bébé, bobos du quotidien, on adopte des alternatives naturelles ; 
  • Août 2020 : départ en vacances, optez pour la micro-aventure, les transports doux, pour une vie cohérente et engagée ;  
  • Septembre 2020 : nouvelles astuces pour une rentrée responsable pour les élèves ET les salariés ; 
  • Octobre 2020...aller, je vous laisse le suspense pour le reste !

Envie de tenter l'aventure ? C'est par ici pour le shopper









"Zéro Déchet : Le manuel d'écologie quotidienne" - Les coulisses

vendredi 30 août 2019

Crédit photo : Léa Garson

Note : pour shopper le livre dans une entreprise engagée, transparente et zéro déchet portée par une femme bienveillante et cohérente c'est par ici : http://bit.ly/2P2pnEe 

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 "Zéro Déchet : Le manuel d'écologie quotidienne" : les coulisses


Parce que l'écriture de mon livre n'a pas été qu'un long fleuve tranquille, et que vous avez été nombreux.ses à me poser des questions sur le "pourquoi" et le "comment" de ce livre, j'ai décidé de vous raconter son (et mon) histoire, les coulisses de ce projet, du tout premier mail jusqu'à la publication, et bien plus encore. C'est parti !

Le premier mail

Le mardi 5 Juin 2018, j'ai reçu par le biais de mon formulaire de contact sur ce site, un message sur un éventuel projet de livre. J'étais dans le train avec un copain - qui a d'ailleurs perdu toute mon attention à partir de là (désolée Merfoot) - et je n'y croyais pas. Le mail comportait une faute d'orthographe et il manquait de la ponctuation...j'avoue avoir pensé que c'était la stagiaire d'une micro association qui voulait me proposer un petit projet éditorial (pardon Corinne, si tu passes par là). Mais non ! Après quelques recherches, j'ai bien compris que c'était vraiment du sérieux.

Cette même semaine, je me suis donc rendue aux éditions Solar qui cherchait un.e auteur.e pour un livre sur le Zéro Déchet, sans y croire réellement à vrai dire (c'était trop beau pour être vrai). Et puis, j'ai rencontré Corinne, mon éditrice : un véritable coup de coeur humain et professionnel. On avait la même vision du livre idéal pour ce sujet : un livre créatif mais percutant, agréable à lire mais qui pousse vraiment à l'action. Ni elle ni moi ne voulions d'un simple roman pour parler de ce sujet qui a besoin, je pense, de pédagogie pour être partagé !

Je me souviens qu'elle avait acheté pas mal de livres sur le sujet, en me disant très honnêtement qu'il allait falloir se démarquer de tout ça. Je me suis évidemment posée la question de savoir si oui ou non il y avait un intérêt à sortir ce Nième livre, mais je savais que je ne m'étais jamais totalement retrouvée dans aucun de ces ouvrages. J'avais déploré la forme de certains, les "manquements" (à mes yeux évidemment) d'autres, l'angle de vue, les limites etc. J'avais souvent eu l'impression de manquer de raisons d'agir, de ne lire que des astuces centrées sur l'action individuelle, ou alors des livres où on occultait tous les propos qui pouvaient déranger (consommation de produits animaux, avion, activité professionnelle)... Bref, j'avais le sentiment de vraiment avoir quelque chose à apporter sur ce sujet, et c'est pour cela que je me suis lancée dans l'aventure. Faire de la fast édition, très peu pour moi. 

Ce jour là Corinne m'a invité à imaginer le livre dont je rêvais, et m'a dit qu'on ferait tout pour s'en rapprocher un maximum. Elle m'a laissé imaginer tous les sujets que je voulais aborder, les graphismes, les couleurs, tout en me donnant ses conseils pour m'accompagner et répondre évidemment aux besoins de la maison d'édition. Avec le recul, on est bien au delà de ce rêve.

L'écriture


Je pourrais vous dire qu'une fois le tout bien défini, tout s'est passé dans la joie et sans encombres, mais ce serait mentir. Très honnêtement, les mois qui ont suivi ont été pleins de larmes, d'angoisses, de nuits blanches, mais aussi de fierté. Je passais ma dernière année d'études en alternance, devait écrire plusieurs rapports dont mon mémoire, passer mes examens, animer des conférences etc. Autant vous dire que niveau social on était plutôt à zéro.

Pourtant, ce n'est finalement pas le temps qui a été le plus dur à gérer, mais plutôt ma confiance en moi. J'ai sans arrêt douté de mes capacités à y arriver, paniqué devant la montagne de travail à accomplir et les délais, remis en question ma légitimité, pleuré à chaude larmes d'épuisement. Mais j'ai tenu bon, notamment parce que j'ai eu un soutien incroyable, que ce soit de la part de ma maison d'édition, mes correctrices, mes amis, ma famille.

Je me rappelle de l'amplitude de mes émotions tout au long du processus de création et d'écriture. Je me souviens de la première fois que j'ai vu mes écris mis en page, celle où j'ai touché le gaufrage de la couverture (je le sens encore se dessiner sous mes doigts), ou encore de la fois où j'ai finalement tenu les pages reliées du livre entre mes mains : un doux mélange d'excitation, de fierté et de bonheur de voir un rêve s'accomplir sous mes yeux.

Le lancement 


Le soir du 12 avril 2018 aura marqué ma vie. J'avais tellement stressé à l'idée que nous ne remplissions pas les 180 places assises de la conférence du pré-lancement, tellement eu peur qu'il n'y ait que mes parents, mes frères et 176 sièges désespérément seuls (si si, j'ai fait ce cauchemar), et finalement, vous étiez-là. La salle était pleine, tous les sièges étaient comblés de jolies fesses et de curieux cerveaux prêts à réfléchir avec nous sur la diversité des moyens d'actions individuels ou collectifs pour répondre aux enjeux du siècle. Une foule de personnes était même debout derrière, et sur les côtés, ou encore assis devant. Je n'arrivais pas à y croire. Dans ma tête, mes multiples personnalités n'avaient d'égales qu'un troupeau de licornes faisant du trampoline sur des nuages arc-en-ciel. Très objectivement, je trouvais ça tout à fait déraisonnable que 50 humains patientent pour que je puisse leur écrire un mot d'amour dans le livre qu'ils venaient d'acheter, mais j'en étais aussi incroyablement heureuse. J'ai serré certains d'entre eux dans mes bras en les reconnaissant de nos conversations virtuelles, et j'ai chéri ce moment car il montrait ce que les réseaux sociaux ont de meilleur : les humains, les histoires, les passions et les relations qui se cachent derrière nos profils, nos photos, nos réactions, nos likes. Je n'ai jamais ressenti autant de joie, de reconnaissance, de gratitude et d'espoir que cette soirée là.

Et puis un peu plus tard, alors que l'horloge affichait près de minuit et que la soirée commençait à s'essouffler, la "descente" est arrivée. Après un shot de pur bonheur, mon esprit comprenait qu'une partie de cette aventure touchait à sa fin. Je venais de finir mes études, et après mes études le livre, et pour la première fois de ma vie, je me retrouvais sans but précis. J'ai vogué à cet état d'errance intellectuelle pendant plusieurs semaines, pour me laisser le temps de savoir ce que j'avais envie de faire et d'apporter dans cette vie. Et puis un jour, j'ai retrouvé de nouveaux projets pour faire battre l'espoir qui m'habite toujours malgré de sérieux moments de doutes sommes toutes humains et compréhensible dans notre domaine d'action.

Et depuis ? 


Aujourd'hui (et depuis sa sortie le 18 avril 2019), je suis fière de cet ouvrage qui a déjà aidé des milliers de personnes à passer à l'action, ou à aller plus loin dans leur démarche. Fière de voir qu'il séduit toujours, qu'il est offert en cadeau, acheté à plusieurs reprises, prêté, donné,... et qu'il donne surtout naissance à des actions réelles. Je remercie les centaines de personnes qui ont pris le temps de m'écrire avec amour et bienveillance; celles qui m'ont partagé leurs actions, leurs évolutions, leurs interrogations; celles qui ont prêté mon livre à des proches ou à leur famille pour étendre leur impact...et toutes celles qui le feront à l'avenir je l'espère.

Un petit complément à la conclusion 


Quelques mois après la sortie du livre, avec le recul, voici ce que j'aurais aimé ajouter la conclusion :
"Si ces actions individuelles (et collectives) sont importantes et nécessaires, elle ne doivent pas nous faire croire qu'elles seront l'unique clé pour nous assurer un avenir meilleur. Nous devons prendre conscience que la source de tous les maux dont la terre souffre (dérèglement climatiques, érosion de la biodiversité et des sols, injustices sociales, famines, guerres etc), est le système dans lequel nous vivons : un système capitaliste patriarcal soutenu par l'état. Pour voir fleurir un futur vraiment durable, il nous faudra désobéir, nous révolter, évoluer, construire un futur vraiment alternatif dans des îlots d'auto-suffisance et de résilience; apprendre à vivre sobrement et avec la nature, pas contre elle. Tant que nous serons en guerre contre le vivant, la somme de nos gestes individuels n'aura pas de sens. Soyons cohérents jusqu'au bout. Soyons radiaux."

Pour voir quelques pages du livre avant de l'acheter : c'est par ici !
Pour le trouver, c'est par là, ou dans votre librairie indépendante, dans de grands magasins, ou encore à la bibliothèque. Il a envahi toute la France et même la Belgique, la Suisse et le Canada ! D'ailleurs, il sera même bientôt publié dans sa version....oups, j'en ai trop dit : Suivez Sortez Tout Vert sur instagram pour connaître ces nouveaux projets !

Hommage


Nous somme le 30 août 2019 lorsque je termine d'écrire cet article. Il y a quelques jours, j'apprenais le décès de Maëlle, ma première correctrice sur ce projet. J'aimerais profiter de ces quelques dernières lignes pour la remercier. La remercier de ses conseils, de sa patience, d'avoir répondu à mes centaines de questions, d'avoir fait taire mes doutes, construit ce projet avec moi, m'avoir remis sur la bonne route alors que je m'étais égarée. Je voudrais la remercier de son franc parler, de ses convictions, son altruisme et la lumière qu'elle a apporté au monde. Et finalement, saluer le travail qu'elle a fait alors qu'elle vivait ses derniers mois, après plus de 3 ans de lutte contre le cancer du sein. Son histoire, elle en a fait un podcast remarquable, aussi bien construit, que joué, narré, mis en scène. Je vous invite vraiment à le lire : https://www.nouvellesecoutes.fr/impatiente/ 


Souvenirs


Il ne me reste plus qu'à vous partager quelques photos souvenir du lancement, prises par le merveilleux Nathan Dubois :

300 personnes à la conférence !


Elodie Nace , porte-parole ANV COP 21

Axel Lattuada, réalisateur & comédien 



Le bonheur.

Ma maman, heureuse et fière...

Mon @papa_lettes fier et heureux ! 

Regardez cette file d'attente ! (coucou Clara, et maman de Clara, et papa de Clara!)
Coucou les copains <3

Lénie Chérino, en mode visionnaire




Je m'ouvre aux partenariats rémunérés : réflexion et engagements

vendredi 19 juillet 2019



Cela fait plus de 6 ans que je suis sur les réseaux sociaux, 4 ans que je tiens un site internet. Et aujourd'hui, malgré une communauté de près de 30 000 petits lombrics sur instagram, et 775 000 articles lus sur le site, mon activité sur le net ne m'a jamais fait gagner d'argent. J'ai toujours partagé les produits qui me semblaient correspondre à mes valeurs de façon tout à fait spontanée, et mis énormément de mon temps à partager avec vous des astuces et des réflexions sans rien attendre en retour. Je l'ai fait parce que je trouve(/ais) cela juste, et parce que je pouvais me le permettre, puisque j'avais les moyens de le faire. 

Depuis début mars 2019, j'ai décidé de ne pas rechercher de travail salarié, et d'essayer de sobrement gagner ma vie par le biais de conférences notamment. Je vous cache pas que le chômage m'aide à garder la tête hors de l'eau, sinon ça n'aurait pas été possible, mais je suis loin d'aimer l'idée de dépendre de lui, et dans quelques mois mes droits arriveront à leur fin. D'ailleurs, même sans contrat salarié stable, j'ai continué à faire beaucoup de travail pour des marques qui ne m'ont pas rémunéré, et à qui je n'ai d'ailleurs souvent pas demandé de rémunération.

Et puis j'ai rencontré des personnes qui m'ont fait me rendre compte que ce temps que je mets dans mes réseaux à de la valeur, et que mon image et mon impact ont de la valeur pour les entreprises. Qu'il serait juste pour moi d'être rémunérée pour le travail que je fournie. J'ai mis du temps à le comprendre, et encore plus à le mettre en exécution, mais nous sommes le 19 juillet 2019, et j'ai finalement accepté d'effectuer un premier partenariat rémunéré ! Mais avant de le faire, je voulais que certaines choses soient claires entre vous et moi. 

Oui, je vais commencer à accepter des partenariats rémunérés, mais dans ce cadre, je m'engage à : 
- Promouvoir uniquement des messages, produits, campagnes auxquelles je crois. ATTENTION : ça ne veut pas forcément dire que la marque/le produit sera parfait en tout point. Que celui qui incarne la perfection leur jette la première pierre.
- Inclure un message de sobriété dans chacun de mes partenariats pour ne pas inciter à la surconsommation. Mon message sera toujours le même : n'achetez QUE si vous en avez besoin.
- Faire des recherches détaillées sur les marques et les produits avec qui j'imagine une collaboration.
- Rester en accord avec l'importance de la sobriété dans ma vie. Je ne multiplierai pas les partenariats rémunérés toutes les semaines, et les laisserai de côté si j'ai de quoi subvenir à mes besoins. 
- Accepter les propositions de marques éthiques uniquement, ou si elles ne le sont pas de prime abord, vous expliquer pourquoi j'ai choisi de le faire quand même, dans la plus grande transparence.
- Continuer à partager des projets, marques, campagnes etc. spontanément, sans rémunération (évidemment!) 

Mon but a toujours été d'avoir l'impact le plus vertueux possible autour de moi, et cela pourrait aussi me permettre de continuer à le faire. J'ai aussi pleins d'idées que je ne peux pas encore réaliser faute de moyens, et qui iraient vraiment beaucoup plus loin que du contenu écrit. D'ailleurs, si vous voulez participer à financer ces projets, soutenir mon travail, ou parce que vous aimez suivre Sortez Tout Vert au quotidien et que vous aimeriez que ça continue, je viens tout juste de créer une page Tipeee

Bref, tout ça pour dire, que dans l'écologie, l'éthique, on considère souvent que l'argent et sale et qu'il corrompt. Personnellement, je pense que cela dépend de la manière dont on le considère. Pour moi l'argent n'est pas une fin, mais un moyen. Parce que même si j'aimerais vivre dans une société sans argent, on y est clairement pas aujourd'hui, et on a tous des besoins à satisfaire (si si tu sais, avoir un toit, manger, des trucs utiles quoi...). Je ne cherche pas l'accumulation, mais à vivre sobrement de mon travail, et à créer des initiatives qui participent à créer le monde de demain. 

Durablement,

Julie

A imprimer (ou pour s'inspirer) : mes étiquettes "Fait-maison"

samedi 25 mai 2019



Vous faites vos produits maison et vous avez besoin de petits bons pour indiquer leur date de fabrication, ou la façon de les utiliser (pour un cadeau, c'est pratique). Téléchargez mes petites étiquettes "Fait-Maison" directement issues de mon premier livre "Zéro Déchet : le manuel d'écologie quotidienne". 


Rendez-vous par ici pour des étiquettes "Bon pour" à offrir, et ici pour des idées pour les remplir. 





A imprimer (ou pour s'inspirer) : étiquettes cadeaux "Bon pour"


Parce que les meilleurs cadeaux sont souvent - bien au delà du matériel - des moments de partage. Découvre mes étiquettes cadeaux "bon pour" directement issues de mon premier livre "Zéro Déchet : le manuel d'écologie quotidienne".

Tu peux les télécharger et les imprimer ici ! 

Et voici quelques idées pour les remplir :

  • 5 cours de bricolage avec Papi/mamie
  • 5 cours de couture avec Papi/mamie
  • Un petit déjeuner au lit 
  • Un dîner en amoureux
  • Une soirée "en mode avion" (portable déconnecté)
  • Un marathon (de films, faut pas déconner) : Harry Potter, Star Wars...
  • Un trio gagnant ciné/pop-corn/bowling
  • Un massage des pieds (et sans broncher)
  • Demander des cookies maison (vegan of couuuurse)
  • Un pique-nique (offre valable même en hiver)
  • Une escapade pour le week-end
  • Passer son tour à la vaisselle
  • Ne rien faire aujourd'hui 
  • Ne pas aller chez les beaux-parents...

Louez-vos vêtements avec Les Cachotières

mardi 14 mai 2019


Le seul désavantage de ma penderie éthique et minimaliste, c’est qu’elle n’est pas vraiment parée à toutes les situations. Le traditionnel jeans/t-shirt toute la semaine personnellement j’adore, mais pour les grandes occasions on a déjà fait plus saillant.

Cette année avec 4 mariages en vue (pas d’enterrement non, enfin je touche du bois), le lancement de mon livre, ma remise de diplôme et who knows quoi encore, il a bien fallu que je trouve un moyen d’être à la hauteur des événements. Alors j’ai cherché une façon cohérente de procéder qui réponde à mes besoins et mes valeurs.

J’ai pensé : 
  • Au seconde main, mais je n’aime pas forcement l’idée de faire dormir un vêtement 300 jours par an. 
  • A piquer dans le dressing bien fourni de ma maman, mais disons qu’en terme de gabarit, c’est plutôt vers papa que je devrais me diriger et en termes de style l’impact de nos genres respectif à quand même un impact. 
  • A celui des copines, mais mon fessier est toujours trop imposant et mon style trop proche de Laura Ingalls. 
Alors je me suis dirigée vers léconomie de la fonctionnalité : préférer l’usage d’un objet à sa possession. Ouais c’est ça, comme le vélib, version volants et couleurs pastels. En d’autres termes, c’est la LO-CA-TION qui a finalement retenu mon attention.

Dans le domaine, on trouve de tout, et à tous les prix (surtout bien reeeeuch), mais de mon côté, je n’ai ni l’envie de mettre beaucoup de sous dans quelque chose que je ne vais pas garder, ni les moyens de le faire ! Du coup, j’ai fait appel à "Les Cachotières", et loué cette sublime combinaison que vous voyez sur les photos.

L’idée est simple : sur le site www.lescachotières.com/ , sélectionnez le type de vêtements que vous cherchez, la date de votre événement, votre taille et tout un tas d’autres trucs pour vous aider à trouver exactement ce que vous cherchez. Ensuite, il n’y a plus qu’à commander pour le jour J. Vous pouvez louer pour 4, 8 jours ou 12 jours en fonction de vos besoins. La location (40€ pour 4 jours en moyenne) comprends le transport aller-retour et le nettoyage une fois la tenue retournée. 

Les vêtements proviennent directement des placards de particuliers ! 

Je me suis évidemment demandé si l'envoi était contre-productif dans cette histoire, mais il faut savoir que 1/ la mutualisation compense l'impact carbone, et 2/ que les envois postaux sont neutres en carbone. Dans mon budget, je n'ai pas trouvé de showroom parisien où faire la même démarche. Ce serait chouette de pouvoir essayer sur place et qu'il n'y ait pas d'envoi malgré tout ! Mais dans l'absolu, je suis on ne peut plus satisfaite de cette expérience !

Convaincu.e par cette nouvelle façon de consommer la mode ? C'est par ici !

Crédit photos : Nathan Dubois 

L'application "Buy or Not" : un Yuka alternatif et citoyen

samedi 22 septembre 2018


"Buy or Not", décryptez les étiquettes, consommez-mieux, changez les choses ! 


Conçue par l'association I-buycott (ancien I-boycott), l'application (gratuite) "Buy or not" a pour but d'aider les consommateurs à faire des achats plus éthiques en leur permettant de décrypter les produits qu'ils achètent. L'idée est simple : rendre disponible une information simple et claire sur le produit ET la marque derrière ce produit, afin que nous puissions faire nos choix en connaissance de cause. 

Connaître l'impact des produits que tu achètes sur ta santé


Une fois scanné le code barre de ton produit, l'application utilise la base de donnée libres OpenFoodFacts afin de te renseigner sur le pouvoir nutritionnel de ce produit, ainsi que les additifs qu'il présente, sa composition ou encore son degré de transformation (Indicateur NOVA) afin par exemple, d'éviter les faux aliments, ces calories vides qui n'apportent rien de bon à notre organisme. 


Comparer pour faire les meilleurs choix 


Tu hésites entre plusieurs aliments ? L'application te permets de comparer les produits entre eux, afin de choisir en fonction de ce qui t'importe le plus (éthique, concentration en sucre, additifs, présence d'huile de palme...).

L'achat au service de l'évolution des entreprises : devenez consomm'acteurs


Avec cette application, I-buycott nous invite à prendre conscience de l'impact immense de notre consommation privée sur la sphère commerciale. Après tout, comme disait Coluche, "suffirait qu'on achète pas pour que ça se vende pas!". Nous avons le pouvoir de faire changer les industriels en choisissant de sanctionner les comportements sociaux, sociétaux et environnementaux nocifs issus de leurs processus de production. Chaque euro dépensé est un appel d'air à la création de nouveaux produits. A nous de décider à qui donner cet oxygène : des productions respectueuses des droits humains et de la biodiversité, ou des marques qui sacrifient les droits fondamentaux et la durabilité des ressources au non du saint-capitalisme.


Deviens gardien de l'éthique 


Avec "Buy or Not", I-buycott ne perd pas sa fonction première de plateforme de boycott bienveillant. Tu pourras ainsi, par le biais de l'application, créer ta propre campagne de boycott,  pour inciter les consommateurs à ne plus acheter un produit, et proposer des alternatives de consommation ! Tu pourras aussi rejoindre les campagnes en cours, être tenu au courant des scandales éthiques, sanitaires et environnementaux, et faire tes choix en connaissance de cause. 



L'idée de ces boycott bienveillants est de laisser l'opportunité aux marques de s'engager sur des améliorations de leurs productions. Pour chaque campagne, lorsqu'un certain nombre de personnes ont rejoins la campagne de boycott, l'association envoie directement un message à la marque boycottée en l'invitant à améliorer ses pratiques et lui laisse un droit de réponse, que tu pourras suivre sur l'application également. De cette manière, l'association a déjà obtenue 5 victoires, dont l'arrêt du partenariat entre le cirque Pinder qui détient des animaux en esclavage et la marque Oasis, ou encore la réduction de l'utilisation d'une pratique de pêche particulièrement dommageable à la biodiversité de la part de Petit Navire

Aujourd'hui Buy or Not ne concerne que les produits de l'agro-alimentaire, mais la volonté de l'association est in fine de couvrir tous les segments de notre consommation. Pour le moment, l'application est donc un véritable Yuka alternatif, qui permet de donner encore plus de pouvoir à sa consommation, et de faire peser le poids du collectif citoyen dans les prises de décisions des organisations. 


Un immense bravo à l'équipe I-buycott pour ce superbe projet.  









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